Depuis 1983, Stéphan Barron a réalisé plusieurs performances utilisant des communications transatlantiques par fax et par radio. En septembre 1989, dans une performance baptisée Traits, il a suivi en voiture, accompagné par Sylvia Hansmann, le méridien de Greenwich de Villers-sur-Mer, sur la Manche, à Castellon de la Plana, sur la côte méditerrancenne espagnole. Grâce au fax équipant leur voiture, ils envoyaient régulièrement des images et des textes relatifs à leur voyage à huit correspondants de divers pays européens. Cette utilisation d'une technologie de communication instantanée inaugurait une nouvelle façon de représenter la ligne, ou le trait, signe symbolique fondamental. Les faxes étaient des projections du méridien " fractalisé "; autrement dit, chaque fragment de ligne transmis représentait le tout. En percevant ainsi leur méridien, Ies participants pouvaient avoir l'impression de le " mesurer ". L'intention de Barron était de susciter une conscience planétaire et une sensibilité écologique grâce à cette communication à longue distance. Bien qu'il le considère comme un objet de communication typiquement postmoderniste, Traits se situe dans la lignée d'autres mouvements d'avant-garde tels que le Land Art et le Performance Art. Il n'en diffère que parce qu'il n'est pas limité à une présentation concrète devant le spectateur.
Frank Popper
in L'art à l'age électronique